La nouvelle s’est rapidement répandue : des explorateurs ont découvert la trace d’une glorieuse civilisation sur une île inconnue. Partez à la recherche de ses incroyables secrets en prenant la tête d’une expédition hors norme ! Explorez les lieux, tentez de gagner le respect des terrifiants gardiens et retrouvez les légendaires artefacts perdus.

Voilà un résumé qui nous vend du rêve à pleine brassée !

Ne nous y trompons pas : Les ruines perdues de Narak est avant tout un jeu de gestion. Mais alors que bien souvent la mécanique du jeu prend largement le pas sur le thème abordé, celui-ci parvient à nous emmener dans l’aventure promise, Ce qui, il faut bien l’avouer, est souvent la marque de fabrique de l’excellentissime éditeur CGE ( Czech Games Editions) qui nous a gratifié de nombreux jeux où les règles font largement appel à la thématique abordée ce qui rend plus facile leur compréhension et plus profond le sentiment d’immersion.

Mais parlons tout d’abord de l’édition.

Si la couverture ne laissera pas un souvenir impérissable dans l’histoire de l’illustration, il faut bien reconnaître que le reste du matériel est chatoyant et parfaitement au service de l’aventure à vivre. Les différentes ressources, le plateau, les illustrations des cartes et plaquettes fleurent le doux parfum de l’exploration et confinent à un exotisme certain. Et cerise sur le pompon, l’iconographie est d’une clarté de lac suisse.

Ensuite, la rédaction des règles.

C’est bien simple, le livret de règles est limpide, merveilleusement agencé et saupoudré au fil des pages d’un journal de bord d’exploration du meilleur effet. Une seule lecture suffira à vous lancer dans le jeu sans que vous ayez à y revenir et ceci notamment par la grâce d’une aide de jeu efficace.

Quant à la mécanique, elle roule comme une bille sur du marbre.

Mélangeant savamment pose d’ouvriers et deckbuilding sans qu’il y ait confusion des genres, les ruines perdues de Narak parvient à satisfaire les joueurs friands de ces deux styles de jeu. Vos deux pions archéologues (faisant office d’ouvriers) vous serviront à l’excavation et l’exploration des différents lieux du plateaux pour y trouver trésors et ressources ainsi que compétences pour amadouer les monstres gardiens des richesses de l’île. Les cartes quant à elles (en nombre restreint en début de jeu mais disponibles à l’acquisition tout au long de la partie) auront des effets multiples tels que vous fournir en moyens de locomotion sur l’île, vous pourvoir en ressources ou encore vous proposer de nouvelles actions. Il y a enfin une piste de recherche sur laquelle vos pions loupe et calepin grimperont au fil du temps pour percer les secrets du temple par l’intermédiaire de ressources, assistants bien utiles et points de victoire lucratifs.

Tous ces points de victoire seront comptabilisés en fin de parties et consignés sur un petit carnet score qui ajoute encore, si besoin en était, à la perfection de l’édition.

Une partie se déroulera en cinq manches où vous sentirez au fur et à mesure de leur avancée une satisfaction grandissante quant à la multiplicité des différentes actions qui s’offriront à vous. Vous devrez bien entendu vous montrer exigeants afin de faire en sorte que vos dernières manches finissent en apothéose et que vous suiviez le rythme de progression dans lequel vous emmène le jeu.

Les ruines perdues de Narak nous promettait de l’or ; il s’avère pur et étincelant. Proche du nirvana, il ravira joueurs aguerris et de passage si ceux-ci ne s’effraient pas d’une apparente complexité que viennent balayer la fluidité de son apprentissage et la limpidité de ses règles.

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